Retour en arrière : Paris-Brest-Paris 2011

Quand ma cavalière me confie à son artisan vélociste en fin ou début d’année, cela présage des grandes randonnées.
Au fil des mois, les sorties du club, celles du jeudi (chouette les ARTT et récup.), une escapade en Vendée, les brevets de jour, de nuit, une seconde belle semaine CHIQUE, « regardez un peu » entre Rennes-Le Mont Saint Michel-Chambord et retour par Tours Rennes et pour finir une  semaine et demie de pédalage, fin juillet début août, ne pouvaient me conduire qu’au rond point des Saules.
J’étais très content d’être à nouveau présent au gymnase des Droits de l’homme, d’autant plus que le contrôleur de l’éclairage m’a complimenté en tant que randonneur classique acier. Et voilà que quelque temps plus tard, j’allais en plus recevoir une carte de VIP. Ouah !Le PBP commençait bien et sous le soleil. Comme il fait chaud dans l’enceinte du terrain de sport avant le départ ! Mais partir de jour, avec un si beau temps, cela m’a permis d’apprécier des paysages, des villages que je n’avais jamais vus de jour auparavant et de mieux anticiper les mauvais ralentisseurs  et les pavés de Montfort l’Amaury.

La fin de journée est lourde, merci à tous les habitants qui sont venus offrir de l’eau aux cyclo.  Le soleil, bien en face, à l’Ouest bien sûr, gène ma cavalière. Que c’est dur le métier de randonneur à PBP ! En 2007, je redoutais la pluie la première nuit et là le soleil l’aveugle ! C’est toutefois sympa cette douce première nuit (jambières inutiles).

Le tableau de marche est tenu. Je roule un peu plus vite, elle prend un petit  peu plus de temps au ravitaillement mais le groupe n’est pas tout seul. Encore merci  à  cette cyclote qui, spontanément, a vidé l’eau de son bidon dans celui de ma cavalière, le sien ne passant pas sous le robinet du lavabo des toilettes.

L’appétit, comme en 2007, n’est pas au top. Alors comme à son habitude, pour ma cyclote, c’est potage et eau pétillante à tous les ravitaillements et donc à toute heure. Pas commun, un bol de soupe puis un bol de café avec pain et compote ! Moi je suis garé avec des milliers d’autres, le parking est très cosmopolite.

En Bretagne, je revois des copains et copines qui sont prêts à me venir en aide mais pour l’instant ma mécanique est au top. Ma cavalière a seulement mal aux quadriceps. Tiens c’est nouveau, jamais elle ne s’est plainte au niveau de ces muscles là.

pbp_2011_06
Le premier arrêt pour dormir se fera à St Nicolas du Pelem :
quelle bonne idée je suis à l’abri sous une bonne bâche et ma cavalière va s’en dormir pour 3 h juste au moment de la première averse d’orage !
Quand on repart,  il ne pleut plus. Superbe programmation ! Mais là où j’avais apprécié de voir les paysages du départ maintenant, je regrette de ne pas voir les Monts d’Arrée et Roc Trévezel, la montagne bretonne !  Il fait nuit, il y a beaucoup de brouillard. Et voilà qu’en plus ma cavalière a une grande envie de dormir dans la belle descente où habituellement elle me laisse prendre de la vitesse. Et bien là, j’ai descendu aussi lentement que j’ai monté. Elle avait les cils qui dégoulinaient de brouillard dans ses yeux et elle me guidait tant bien que mal en essayant de rester éveillée. Dur…  dur et je déraille en arrivant à Sizun ! où elle m’arrête pour aller fermer les yeux dans le café (ouvert non stop…) et prendre un petit noir. Et un coucou en passant à son troisième mousquetaire qui est déjà sur le retour.

On sera un bon groupe pour passer le pont Albert Louppe, toujours un grand moment, mais l’arrivée au contrôle à Brest est long et les bâtiments qui nous accueillent pas accueillants. L’espace Foucault était bien plus chaleureux.  A Guipavas, elle débâchera (« too much ») comme lui dira un Américain de Los Angeles avec qui elle échange un court instant. Il lui dit qu’il apprécie nos paysages (les arbres)  et les petits bourgs. Quel contraste pour lui !
Avant Carhaix des cyclo du Sud prennent ma roue qu’ils jugent régulière.  J’avance bien et en bonne forme. Voilà Loudéac et à nouveau des copains venus nous encourager. Le temps passe vite sur le PBP aussi ma cavalière parle parfois la bouche pleine car  les copains, qui nous suivent à la trace (merci la super puce), sont avides d’informations. Vite, il faut repartir, au revoir les copains.

Quédillac : je suis très content de revoir un ami qui en plus va nous huiler… nous les vélos mais  nous allons bien (la casse d’un rayon, dans les Monts d’Arrée, de mon nouveau compagnon le rouge-noir-blanc a été réparée à Brest). Les trois cavaliers sont en forme aussi, même avec 1 heure 30 de retard au tableau de route. Je passe une nouvelle nuit dehors pendant que ma cavalière va bien dormir dans le dortoir. Géniale la couette où elle s’enroulera 3 h, elle ne pique pas comme les couvertures habituelles ! Et aussitôt levée aussitôt un cyclo Canadien reprend la place. L’hôtel *** ne désemplit pas ! Petit déjeuner avec un Espagnol qui lui dit aimer et être impressionner par les… châteaux d’eau ! Elle est belle notre France.

Villaines la Juhel : la grande fête. Et là, toujours faute de temps, tout en se rendant à la restauration, ma cavalière est contente d’échanger un petit peu avec Michel, le médecin PBP de Villaines. Il interroge nos cavaliers sur leur forme. Réponse de ma cavalière : les pieds chauffent, les fesses aussi ! le ventre est en désordre complet et les yeux ont envie de dormir, bref tout est normal, c’est PBP ! Il ne faut pas trop laisser la pression baissée pendant les arrêts et donc, elle reste frustrée de ne pas pouvoir prendre plus de temps à discuter, avec lui, comme avec le couple amis d’Annecy.
C’est à cause de ma sacoche arrière, où s’entassent, au carré pourtant, jambières, manchettes, Goretex, maillot, cuissard, socquettes et baudrier, qui lui a modifié son assise et créé la douleur du premier jour aux quadriceps et plus mal aux fesses que d’habitude. Il faut dire que ma sacoche ressemblait à une gueule de crocodile grande ouverte,  elle dépassait ma selle et donc ma cavalière ne s’est pas reculée de la même manière sur celle-ci. C’est pour cette raison aussi, qu’elle n’arrivait plus à « m’enjamber ». En 2007, ma sacoche était légère : ma cyclote était habillée avec la moitié du paquetage ! Rappelez-vous…   il pleuvait.
A nouveau, un avantage du nouvel horaire de départ : je vois les montées à la sortie de Mortagne au Perche et surtout les descentes où je me lâche, bref, je gagne du temps par rapport aux précédentes éditions. Et c’est beau par ici aussi, mais contrairement aux 2 nuits précédentes, il fait plus froid.

A Dreux, ma cavalière doit fermer les yeux 5 minutes, le sommeil l’a repris, et à nouveau dans la plaine, puis c’est au tour du cavalier du rouge-noir-blanc d’avoir sommeil. Comme avant Tinténiac au retour, il leur faudrait des allumettes ou de la colle pour fixer les paupières en position « ouverture » !  Quelle est longue cette route entre les champs de ??? . Je ne vois rien. Est-ce que je suis sur le bon tracé ?
Ouf ! Voilà les premiers villages, un peu de lumière (çà réveille) et quelques spectateurs. Ils ne dorment pas ces personnes ! Les grands boulevards du retour sont déserts, à nous l’espace routier sans les émanations des pots d’échappement et sans l’angoisse de l’intense circulation.

Dernière nuit à la belle étoile contre une barrière, dernier contrôle pour ma cavalière et dernier  repos dans le dortoir improvisé : sur la moquette du gymnase, pour 3 heures (le rythme est pris).
Au réveil, elle sourit.  C’est trop drôle les têtes et les démarches des cyclo., consciente qu’elle leur ressemble. Mais que les cuisses sont raides, pourtant en Italien, c’est une jolie expression  qui décrit cet état de « jambes de bois ». C’est son voisin de sommeil, un Italien qui la lui a appris (mais elle l’a oubliée).

Ma cavalière revient me chercher, c’est fini je rentre en Bretagne avec de beaux  souvenirs à partager avec mon aîné, le bleu, que j’ai dépassé d’un PBP..

Signé : Le vélo bleu-gris avec le rouge-noir-blanc et le blanc

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